One Punch Man occupe une place singulière dans le paysage manga. Créé par ONE sous forme de webcomic puis redessiné par Yusuke Murata pour la version papier, le titre mêle parodie de shōnen, combats spectaculaires et une écriture qui sait ralentir pour poser ses personnages. Relire les scans OPM aujourd’hui, c’est mesurer à quel point certaines séquences tiennent autant par leur mise en page que par leur scénario.
Ce que le trait de Murata change à la relecture des scans OPM
Le travail de Murata sur les doubles pages et les séquences muettes transforme l’expérience de lecture bien au-delà du simple plaisir visuel.
Le webcomic original de ONE fonctionne comme un storyboard brut. Les proportions sont approximatives, les décors réduits au minimum. Murata ne se contente pas de « mettre au propre » : il réinterprète le rythme. Un gag qui tenait en trois cases chez ONE peut devenir une pleine page où le silence visuel fait tout le travail comique.

À la relecture, cette différence saute aux yeux dans l’arc de la Maison de l’Évolution (chapitres 5 à 11). Le combat contre Carnage Kabuto, traité de façon expéditive dans le webcomic, gagne chez Murata une dimension physique palpable. Murata transforme chaque impact en événement graphique, avec des lignes de vitesse et des déformations de perspective qui n’existent dans aucun autre manga d’action contemporain au même degré.
Arc Association des Monstres : le sommet narratif du manga One Punch Man
L’arc de l’Association des Monstres s’étend des chapitres 80 à 175, soit la quasi-totalité de la deuxième saga. C’est le segment le plus long, le plus ambitieux et celui qui divise le plus la communauté de lecteurs.
La montée en puissance de Garoh structure l’ensemble. Son parcours, du chasseur de héros solitaire au monstre cosmique, traverse plusieurs registres narratifs. Les chapitres consacrés à ses affrontements contre les héros de classe S fonctionnent comme des courts-métrages autonomes.
Garoh contre les héros de classe S
La séquence où Garoh affronte simultanément plusieurs héros de classe S reste l’un des pics de tension du manga. Murata y déploie des compositions de page qui obligent l’œil à suivre le mouvement des coups. Chaque double page fonctionne comme un plan-séquence de film d’action.
Garoh incarne le meilleur antagoniste écrit par ONE : il a des motivations lisibles, une trajectoire claire, et son évolution physique (de l’humain au monstre) se lit directement dans le dessin. Relire ces chapitres en scan permet de saisir la progression graphique case par case, là où la lecture hebdomadaire diluait l’effet.
Saitama contre Garoh cosmique
Le climax de l’arc pousse le manga dans un registre presque abstrait. Les chapitres finaux montrent des combats à l’échelle planétaire, avec des cases où la Terre elle-même sert de décor de fond. Le combat final de cet arc repousse les limites du shōnen classique en termes de mise en scène graphique.
La résolution, qui repose sur un retour en arrière temporel, a divisé. Certains lecteurs y voient une pirouette narrative, d’autres une cohérence avec le ton parodique de la série. Les retours terrain divergent sur ce point, et c’est précisément ce qui rend la relecture intéressante : on relit avec un avis formé, et le texte résiste.
Scènes de One Punch Man souvent sous-estimées en relecture
Les combats spectaculaires captent l’attention, mais certaines séquences plus discrètes gagnent en profondeur quand on les relit en connaissant la suite.
- L’arc King (chapitres 38-39) : King, le héros de classe S le plus craint, est en réalité un civil ordinaire. La tension comique repose entièrement sur le malentendu, et Murata joue avec les codes visuels du shōnen pour amplifier l’absurdité
- Le chapitre d’introduction de Fubuki (arc Clan Fubuki, chapitres 42 à 45) : derrière un prétexte de confrontation, ONE pose les bases d’une réflexion sur la hiérarchie et le mérite dans l’Association des Héros
- Les passages « tranche de vie » entre Saitama et Genos : ces moments de calme domestique, souvent traités comme du remplissage par les lecteurs pressés, construisent le lien central du manga sans recourir au pathos
Ces séquences fonctionnent pourtant comme le ciment narratif qui donne du poids aux explosions graphiques.

OPM scan en 2026 : état de la publication et réception récente
Le manga One Punch Man continue sa publication. Le tome 37 est sorti le 3 juillet 2026 chez Jump Comics, et aucune date n’est annoncée pour le tome 38. Le webcomic original de ONE, de son côté, reste actif.
L’arc en cours, baptisé Neo Heroes Uprising, introduit de nouveaux personnages et une structure narrative différente des arcs précédents. Le chapitre 223 online, intitulé « New Blood », adapte les chapitres 126-127 du webcomic et met en avant de nouvelles recrues au sein de l’organisation Neo Heroes.
La réception de cet arc suscite des réactions partagées au sein de la communauté. La frustration d’une partie des fans en 2026 porte sur le rythme irrégulier de publication et sur certaines directions narratives jugées moins percutantes que l’arc de l’Association des Monstres. Les données disponibles ne permettent pas de conclure si cette tendance reflète un essoufflement réel ou simplement la difficulté de succéder à un arc considéré comme un sommet.
Pourquoi relire les scans One Punch Man plutôt que l’anime
La saison 3 de l’anime a relancé l’intérêt pour la série, mais le manga offre une expérience que l’animation ne reproduit pas intégralement.
- Le contrôle du rythme de lecture : les doubles pages de Murata sont conçues pour être découvertes d’un coup d’œil, un effet impossible à reproduire en animation séquentielle
- Les redesigns et corrections : Murata a retravaillé plusieurs chapitres après leur publication initiale, modifiant parfois des pans entiers de scénario. Certains chapitres existent en plusieurs versions, ce qui fait du scan un objet mouvant
- Le niveau de détail graphique : les fonds, les textures, les expressions secondaires des personnages en arrière-plan contiennent des informations narratives que l’anime simplifie par nécessité technique
Relire One Punch Man en scan, c’est accepter que le manga n’est pas un brouillon de l’anime mais son propre médium, avec ses propres forces. Le tome 37 vient de sortir, l’arc Neo Heroes avance, et l’intensité des chapitres 80-175 reste le point de comparaison pour tout ce qui suivra.

