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Histoire et identité du territoire

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Château de Ville d'Avray Château de Ville d'Avray
Château neuf Château neuf
Lycée Michelet Lycée Michelet
Tour Dubuffet Tour Dubuffet
Un condensé d'histoire de France

De lointaines origines…

Le peuplement de ce qui constitue aujourd’hui Arc de Seine remonterait aux Gaulois. L’origine celte des noms de Meudon (Mol Dun, la colline de sable), de Vanves (peut-être de venna, sorte de barrage pour retenir les poissons) voire de Ville d'Avray (sans doute aure ou avre, désignant un lieu humide) en atteste. De petits foyers de peuplement se forment autour de cet arc que fait la Seine en cette zone du bassin parisien.

Le fruit des domaines terriens

Les premières mentions des communes apparaissent dans les registres de l’Eglise. Issy est ainsi citée dès le VIème siècle. A l’époque, les abbayes sont de puissants propriétaires terriens. C’est à l’évêque de Paris Inchadus que l’on doit la création de Chaville (Inchaduvilla devenant Chaville). Les habitants vivent de l’artisanat, de l’agriculture et de la vigne. Les noms de nos rues en gardent la trace (ruelle aux Bœufs à Meudon par exemple). Le vin d’Issy étanche les gosiers parisiens tandis que le beurre de Vanves fait les délices des ménagères.

Le séjour des rois

Dès la Renaissance, les élites s’évadent de Paris pour trouver le repos dans les cinq villages de l’actuelle Arc de Seine. François Ier réside ainsi fréquemment à Vanves et sa favorite à Meudon. Plus tard, la Reine Margot choisit Issy pour villégiature. Dans leur sillage, des artistes et gens de lettres : on joue le premier opéra français à Issy en 1659. Le Vau, Le Nôtre et Hardouin-Mansart marquent de leur empreinte Meudon et Vanves. L’installation de la cour à Versailles bouleverse la vie des villages d’Arc de Seine. Les Le Tellier, seigneurs de Chaville et grands commis du Roi Soleil, réaménagent le château de Meudon. Louis XIV en fait don au Grand Dauphin à la mort de Louvois en 1695. Mme de Pompadour fait construire le château de Bellevue au XVIIIe siècle. Pour les chasses royales, on perce des routes dans la forêt de Meudon et de Fausses-Reposes. Les étangs de Ville d'Avray alimentent les fontaines du domaine de Saint-Cloud. L’ouverture de la Grande Route de Versailles à Paris assure la prospérité de Chaville. Et Ville d'Avray connaît son apogée quand Louis XVI fait de Marc-Antoine Thierry son premier valet de chambre. Thierry de Ville d'Avray y fait construire son château.

De la Révolution française à la révolution du chemin de fer

En 1789, la population des cinq villes représente moins de 10.000 habitants. Les habitants sont aux premières loges. Les Chavillois peuvent ainsi voir la marche des Parisiens sur Versailles et le retour de la famille royale à Paris. Les biens des aristocrates sont confisqués. Les châteaux de Meudon et de Vanves deviennent des bâtiments militaires jusqu’à l’avènement de Bonaparte. Le château neuf de Meudon retrouve sa vocation festive. Le château de Vanves est transformé en lycée : c’est l’actuel Lycée Michelet. Le retour de la paix permet un nouveau développement urbain. Le quartier de Bellevue à Meudon est ainsi loti dans les années 1820. Mais c’est l’arrivée du chemin de fer vers 1840 qui change radicalement le visage des villages d’Arc de Seine. On s’affaire à approvisionner Paris en pierre (carrières de Meudon et de Chaville). Grâce à la pureté de leur eau, Vanves et Chaville sont les blanchisseries de Paris. La bourgeoisie parisienne apprécie chaque dimanche les charmes de Chaville, de Ville d'Avray ou de Meudon.

Industrie et cadre de vie

Comme aujourd’hui, les communes d’Arc de Seine allient de façon complémentaire dynamisme économique et cadre de vie préservé. Au XIXe siècle, le dynamisme économique passe par l’industrie métallurgique et chimique : les rives de la Seine s’industrialisent. La recherche est aussi à l’honneur. Le château de Meudon est reconverti en observatoire après 1870. Jules Janssen y mène des expériences décisives. Les débuts de l’aviation font connaître à Issy-les-Moulineaux et Meudon une grande renommée. Le champ de manœuvre, les exploits de Henri Farman et le hangar Y sont connus de tous les amateurs d’aéronautique. Séduites par le cadre de vie et la forêt, les élites parisiennes font construire de grandes villas sur les hauteurs. Les artistes apprécient également l’endroit : les villes gardent encore le souvenir des passages d’Auguste Rodin, de Camille Corot, d’Edouard Manet, de Richard Wagner...

Jusqu’en 1940, une explosion urbaine considérable

La croissance démographique est saisissante : la population d’Issy quintuple de 1851 à 1901, celle de Chaville est multipliée par sept en un siècle ! Les villages d’hier deviennent des villes : Issy et Les Moulineaux fusionnent. La réorganisation de Paris sous Napoléon III ampute Vanves d’une bonne partie de son territoire. La Grande Guerre met à contribution les usines isséennes ainsi que le séminaire Saint-Sulpice (à Issy-les-Moulineaux) et la Maison Saint-Philippe (à Meudon), devenus hôpitaux militaires. Elle renforce le potentiel économique d’Issy-les-Moulineaux et du Bas-Meudon. Après la guerre, il faut reloger et vite : les premières habitations à loyer modéré sortent de terre à Meudon et Issy-les-Moulineaux, et avec elles leurs briques rouges si caractéristiques. Vanves entreprend dans les années 1930 la refonte complète de son urbanisme, dont le Parc Pic est le plus important témoin. Chaville et Ville d'Avray accentuent leur vocation résidentielle.

Après 1945 : incertitudes économiques et recomposition urbaine

Durant la reconstruction, les usines tournent à plein régime. Mais les industries des bords de Seine entament leur déclin dès les années 1960. Issy-les-Moulineaux et Meudon sont les plus touchées. Les gros besoins de logement liés au baby-boom et à la croissance entraînent la rénovation du Plateau à Vanves (1970-1984) et la construction de Meudon-la-Forêt (en 1959-1962) et de la ZAC Rodin à Issy (1970). Si la prospérité industrielle s’essouffle, les villes d’Arc de Seine attirent toujours autant les artistes et les scientifiques. Céline réside à Meudon, Boris Vian, Jean Rostand et plus tard Yehudi Menuhin choisissent Ville d'Avray.

Depuis les années 1980-1990 : une nouvelle dynamique

Le déclin des industries classiques s’accentue dans les années 1970 et dure jusqu’au début des années 1990. La fermeture de Gévelot en 1992 tourne une page de l’histoire isséenne. La fin des établissements Chausson à Meudon et des usines Renault est un choc. Devant l’importance des friches industrielles, la municipalité isséenne engage une politique de reconversion volontariste. Les premiers résultats apparaissent en 1987 avec l’installation de L’Equipe. Dans les années 1990, c’est tout le quartier d’Issy Plaine qui devient Issy Val de Seine : Coca-Cola, HP, Henkel Ecolab, Eurosport…en sont les fleurons. Le pari est relevé : Issy-les-Moulineaux est aujourd’hui un pôle majeur de la communication et des TIC en Ile-de-France. Meudon entreprend une reconversion similaire en deux temps : construction de la ZA de Meudon-la-Forêt et aujourd’hui réaménagement complet de Meudon-sur-Seine. Le tertiaire se développe aussi à Chaville et Vanves. Aujourd’hui les cinq communes d’Arc de Seine perpétuent cette singularité historique, cette alliance entre vitalité économique et cadre de vie préservé.

Par WebmestreDernière modification 14/12/2009 10:35 expiré